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1. Le reportage télévisé est un travail déquipe...
... et comme dans le cas des chaînes hi-fi, la qualité du résultat final est
directement fonction de la qualité du maillon le plus faible.
 | Le travail d'équipe est naturel au réalisateur, moins au journaliste. Le réalisateur
à l'obligation, et donc l'habitude du travail de groupe. Il ne peut rien entreprendre de
concret sans la collaboration de techniciens. La contrainte n'a pas la même force pour le
journaliste: l'essentiel de son travail peut se faire seul armé d'un téléphone, d'un
papier et d'un crayon. |
 | Parallèlement, autre différence. Le journaliste est un modèle de flexibilité. Il
travaille quand l'information l'exige, le jour, la nuit, le week end. Il ne choisit pas.
Il a l'habitude de subir le timing imposé par des éléments extérieurs qui le
dépassent, et de réagir avec la plus grande souplesse. Le réalisateur n'est pas soumis
à l'actualité, mais il est prisonnier de complexités logistiques qui le rendent moins
naturellement flexible, moins formidablement adaptable, moins épouvantablement
improvisateur que le journaliste. |
 | Différenciation encore renforcée par l'organisation ultratayloriste de l'industrie
cinématographique (cf 1er, 2ème assistant; hiérarchie cadreur/preneur de son...) |
 | Pas les mêmes cours, pas les mêmes repères, risques constants de malentendus (cf
Arafat à Pörtschach) |
 | Taylorisme dépassé à lâge de la société de linformation. Aujourd'hui
accent mis sur la polyvalence (cf JRI, RRI...) |
Conclusions: apprendre à se connaître, se faire à
l'idée que le réalisateur n'est pas un ignare ni le journaliste un handicapé sensoriel,
concevoir le projet ensemble dès la première minute, et ne pas hésiter à s'immiscer
dans le "domaine réservé" de l'autre: il est sain que le réalisateur dise au
journaliste que sa question est incompréhensible et que le journaliste demande au preneur
de son s'il est vraiment indispensable de débrancher tous les frigos de l'immeuble avant
de commencer l'interview.
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