que l’invention, par Gutenberg, du caractère mobile d’imprimerie peu avant la Réforme.

La résistance des multinationales informatiques au concept « communiste » du code libre rappelle la crispation du clergé face aux hérétiques. Au XVIème siècle, Rome a mené la vie dure aux Luthériens. Aujourd’hui, le rapport de forces entre producteurs et consommateurs ne favorise pas les plans d’une Réforme Digitale. Comme le constate un commentateur désabusé : « Dans le monde actuel, la production est hautement organisée et efficace. Elle dispose d’énormes ressources financières et de grands pouvoirs de persuasion et de séduction. A l ‘inverse, la demande est fragmentée, mal informée et impuissante. Les consommateurs parviennent parfois à rejeter un produit dont ils ne veulent pas, mais ils n’ont à peu près aucune possibilité de diriger ou même d’influencer la conception des produits ».  

Pourtant, de multiples raisons plaident pour un code transparent. L’argument consumériste est immédiat : c’est gratuit. Il y a la leçon de l’Histoire : l’extraordinaire développement de l’Internet n’a été rendu possible que parce que le code était libre et accessible à tous. L’argument technique : les programmes dont le code est public sont statistiquement plus fiables que les autres. Le contre-argument économique : l’idée que la motivation financière liée aux profits générés par le code privé serait le seul moteur du progrès ne se vérifie pas dans les faits. Surtout, il y a l’argument démocratique. Il ramène à la discussion précédente : le code et ses effets ne sont contrôlables que s’ils sont visibles au grand jour.  

Les exemples de codes insidieux abondent. Qui n’a pas entendu parler des « cookies » ? Ces mystérieuses étiquettes informatiques suivent discrètement les visiteurs de l’Internet à la trace, d’une page à l’autre, d’un site à un autre. Les renseignements fournis par les cookies procurent aux spécialistes en marketing le profil de base d’un internaute – dîtes-moi où vous surfez, je vous dirai qui vous êtes. Une gamme étendue