et les services de
surveillance des Etats.
Les signes de cette collaboration se multiplient. On
verra plus loin comment le fabriquant de puces Intel, dont le monopole sur les
microprocesseurs n’a rien à envier à celui de Microsoft sur les logiciels, a
discrètement inclus dans ses nouveaux produits un numéro d’identification
unique susceptible d’aboutir un jour à la création d’un registre planétaire
des ordinateurs. Le pouvoir économique est un complice actif de ces opérations.
On a vu sa passion pour la récolte de données individuelles. Toute amélioration
de l’observabilité du réseau, toute réduction de l’anonymat est bénéfique
au commerce. La convergence de ces intérêts marchands et policiers entraîne
une contraction de l’espace de liberté individuelle, car elle s’organise en
dehors d’un véritable contrôle parlementaire, et à l’abri de codes
opaques.
« Nul ne sera
l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile
ou sa correspondance…» L’article 12 de la déclaration universelle des
droits de l’homme semble clair. Un citoyen du monde libre ne peut que
s’offusquer en apprenant que son courrier électronique est régulièrement
survolé par une puissance étrangère. Mais, davantage encore que le principe
du contrôle des communications, c’est l’absence de débat qui interpelle
les démocrates.
Les arguments ne manquent, ni dans un sens, ni dans l’autre. PGP aide l’opposition birmane à organiser la résistance à la junte militaire de Rangoon, mais Phil Zimmerman sait qu’il compte aussi la mafia italienne parmi ses clients les plus fidèles. L’enquête sur l’attaque chimique dans le métro de Tokyo en 1995 a mis au jour des plans de destruction massive protégés par un encryptage sophistiqué. La dissémination de technologies puissantes sert parfois les desseins les plus sinistres : armés d’un scanner et d’un ordinateur puissant les narcotrafiquants du cartel de Cali analysaient le trafic téléphonique de la ville pour repérer les Colombiens qui téléphonaient fréquemment au ministère de la Défense ou à