l’Ambassade des
Etats-Unis - et « s’occuper » de ces mouchards présumés. Plus généralement,
l’affaiblissement des Etats est une stratégie démocratique douteuse :
les exemples de la Russie en 1917, de l’Italie en 1926 ou de l’Allemagne en
1933 montrent qu’un gouvernement faible est souvent l’antichambre d’une
dictature.
Un débat public
mettrait ces éléments, et beaucoup d’autres, en balance. Estimerait-on que
le citoyen/cyberconsommateur/telétravailleur en devenir, pressé par ailleurs
de développer une autonomie économique adaptée au caractère mouvant de la
société de l’information, ne disposerait pas aussi d’une autonomie
intellectuelle suffisante pour formuler un point de vue pertinent sur les
modalités de son expression - c’est à dire de sa vie - dans ce cadre nouveau ?
En supposant même qu’on refuse le débat au prétexte qu’il compromettrait
l’efficacité d’une surveillance déjà légitimée par le contrôle d’un
exécutif issu des urnes, ou qu’on choisisse de tenir la discussion entre élus,
à huis clos, on voit mal sur base de quoi on refuserait aux démocrates le bénéfice
d’une information honnête. Pour cela, il faut en finir avec quelques (très
gros) mensonges.
Admettre l’existence d’une surveillance clandestine intempestive. Définir ses contours exacts. Préciser ses objectifs. Détailler les accords passés avec des puissances étrangères. Renoncer aux manoeuvres de désinformation. Non, le réseau n’est pas à l’origine d’un développement spectaculaire de la pornographie enfantine. Où sont les chiffres ? Combien d’enfants maltraités à cause de l’Internet ? Les fréquentes saisies de disques informatiques regorgeant de photos pédophiles ne prouvent pas grand chose : ces photos proviennent de magazines spécialisés qui existaient bien avant le réseau. Leur plus large diffusion, grâce au réseau, génèrerait-elle un marché nouveau, et indirectement de nouvelles violences ? Les preuves manquent. On cherchera vainement une statistique policière convaincante à l’appui des mises en garde sensationnalistes obligeamment répercutées par des médias attentifs à rester en phase avec le