cerveau reptilien de leurs lecteurs. Comme le faisait remarquer un journaliste américain en 1997, au plus fort de la vague de fascination pour la cyberpédophilie : « L’Internet n’est pas un média qui fait du mal aux enfants. Trente jeunes seulement ont subi des préjudices à la suite de rencontres en ligne depuis la création de l'Internet, ce qui en fait un des médias les plus sûrs au monde. »

 Une même inflation mensongère accompagne le discours sur les pirates informatiques. A lire les communiqués du Pentagone, les « crackers » (souvent confondus à tort avec les « hackers », autres spécialistes doués et généralement précoces, mais dépourvus ceux-là d’intention nuisible) seraient une armée en campagne permanente. Le ministère de la Défense revendique à lui seul vingt-cinq mille attaques par an. Mais qu’est-ce qu’une attaque ? Tapez telnet://whitehouse.gov , passez outre le message d’avertissement, et essayez un mot-de-passe au hasard… félicitations, vous venez de gagner vos galons de « cracker », et d’alourdir les statistiques. Il n’est pas étonnant que quelques dizaines d’adolescents américains s’essayent chaque jour à ce jeu grisant et parfaitement inoffensif. Les rediffusions des long métrages hollywoodiens qui, depuis le séminal Wargames, concourent à l’embellissement de la mythologie du « hacking » et du « cracking » se chargent d’entretenir la tentation. Les dégâts réels de cette la flibusterie électronique sont minimes, et, en règle générale, d’autant plus minces que les victimes sont bruyantes. Les ordinateurs sensibles du Pentagone, et le portable de Bill Clinton, ne sont de toute façon pas accessibles directement via l’Internet. Ils sont tenus à l’écart des intrusions, sur un réseau distinct.

On pourrait poursuivre la liste des exagérations. Les « exploits » récents d’un pirate belge parvenu à la une des journaux à la faveur d’un creux de l’actualité estivale ont en réalité démontré la solidité des mécanismes de sécurité. S’il a pu entrouvrir le site d’une banque électronique, il s’est cassé les