à la disposition du grand public. Trop nombreux et trop répandus pour qu’on puisse sérieusement imaginer qu’ils soient un jour mis hors-la-loi. En revanche, il est manifeste que les industries de l’image s’engagent sur la voie de la distribution contrôlée par le code. Le propriétaire d’une cassette VHS peut la visionner où, quand, et autant de fois qu’il le souhaite. Ce n’est déjà plus le cas avec les films distribués en DVD, le successeur du VHS. Un verrou informatique empêche par exemple de visionner en France un DVD acheté au Japon. Une première ébauche du DVD, le Divx, limitait la vision d’un film à 48 heures.   Le Divx a été rejeté par le marché, mais d’autres formules sophistiquées de contrôle sont à l’étude dans les laboratoires. 

Que fait la police économique ? Pas grand chose. Le procès intenté à Microsoft pour abus de position dominante est l’exception qui confirme la règle. La croissance fulgurante de l’économie de l’information trouve son origine dans un fonctionnement sans entraves du marché, et les autorités antitrust semblent avant tout désireuses de ne pas enrayer une machine aussi performante. Elles sont d’autant plus mal prises qu’elles sont confrontées à des phénomènes nouveaux, comme la coopétition, la coopération entre concurrents. Lorsque des entreprises concurrentes unissent leur force, pour développer ensemble un nouveau standard technologique par exemple, le gendarme du marché est légitimement perplexe. Faut-il condamner une association qui s’apparente à un cartel, ou se féliciter d’une collaboration qui bénéficie au consommateur en favorisant l’émergence de produits compatibles ? Si la passivité initiale des autorités chargée de faire respecter les lois de la concurrence se comprend aisément, l’apparition d’opérateurs de plus en plus puissants, dotés de ressources financières colossales et d’outils inédits de contrôle des marchés devrait toutefois commencer à les interpeller. Le temps passe, et les promesses d’ouverture économique portées par le réseau tardent à se concrétiser. Alors que le caractère intrinsèquement démocratique d’une technologie bon marché, simple à mettre