galaxie. L’adressage fixe devrait redevenir la règle, et l’anonymat disparaître du même coup du réseau. IPv6, dont la mise en place a commencé en 1999, permettra une identification précise des internautes. Elle sera d’autant plus aisée que l’introduction d’IPv6 est couplée à deux autres « progrès » imposés au consommateur sans que personne n’ait songé à lui demander son avis : le Caller-ID, qui transmet le numéro de téléphone de l’appelant au destinataire, et l’attribution à chaque individu d’un numéro de téléphone unique qu’il pourra - qu’il devra - conserver tout au long de son existence d’être communicant. Oussama Ben Laden, on vous a reconnu !
Face à ces avancées de la normalisation, les défenseurs de l’anonymat ne restent pas inactifs. Pourquoi défendre l’anonymat ? Quelle importance, en définitive, si les services de sécurité américains connaissent mon intérêt pour la cause tibétaine ou cubaine ? Aucune, sans doute. Mais imaginons un instant que les autorités chinoises disposent de la même puissance d’observation du réseau que la NSA… Les dissidents seraient rapidement chassés du réseau, et privés d’un outil majeur de résistance. Qui peut garantir la pérennité de la démocratie, même en Occident ? Entre les mains d’un pouvoir totalitaire, quel qu’il soit, l’Internet « sécurisé » serait un épouvantable outil de contrôle et d’oppression. Jamais une technologie n’a offert de telles possibilités intrusives. « Bof ! », me rétorquait un député européen pas convaincu, « vous savez, le facteur du village lisait les lettres de la famille…» Peut-être. Mais la famille n’était pas dupe : un jour ou l’autre l’examen attentif de l’enveloppe révélait la manipulation. Récemment, le ministre des technologies du Sri-Lanka a admis avoir intercepté les courriers électroniques d’un opposant politique. Celui-ci ne s’était aperçu de rien, et pour cause : la copie digitale ne laisse pas de trace. Aucun facteur des postes n’a jamais réussi non plus à lire en diagonale le courrier de tout un pays, une tâche herculéenne que les ordinateurs d’ECHELON n’hésitent pas à entreprendre. Les écoutes téléphoniques ou les filatures