les Zurichois. Leur site ne leur sera finalement rendu que trois mois plus tard.
Il faut malheureusement obscurcir ici le récit de quelques
acronymes supplémentaires. NSI tient son pouvoir d’un mandat attribué à
l’origine avec la bénédiction de Jon Postel, ou plus exactement de l’IANA,
Internet Assigned Numbers Authority, la structure dont Postel était le créateur
et maître. Entre temps l’IANA est devenu l’ICANN, Internet Corporation for
Assigned Names and Numbers.
Le conseil de direction d’ICANN est le plus proche
équivalent de ce que pourrait être un gouvernement de l’Internet. On y
trouve une vingtaine d’experts internationaux réunis autour d’une présidente
suisse, Esther Dyson. Le gouvernement américain leur a confié à l’essai la
coordination des noms et des adresses du cyberespace. Les premiers pas d’ICANN
ont été hésitants et ses premières décisions marquées par la controverse.
On lui reproche notamment d’opposer peu de résistance aux diktats des détenteurs
de marques commerciales. Il faudra du temps avant que l’organisation n’acquière
une légitimité à la mesure de sa tâche. Ce jour-là, un examen attentif de
la composition du conseil d’ICANN mettra en évidence quelques déficits démocratiques :
l’absence, par exemple, de représentant du continent africain, ou la sur-représentation
de certains intérêts privés.
De Jon Postel à ICANN, le contrôle effectif du réseau a glissé du milieu universitaire au milieu marchand. La même évolution s’observe dans la gestion des noms de domaines nationaux. En Belgique le domaine .be était géré depuis la nuit des temps par le professeur Verbaeten de la Katholiek Universiteit Leuven. L’association DNS.be a pris le relais le premier janvier 2000. DNS.be regroupe trois fédérations professionnelles : Beltug (l’industrie des télécommunications), ISPA (l’industrie des fournisseurs d’accès) et Fabrimetal (l’industrie tout court). Le monde académique y conserve un strapontin, mais uniquement à titre consultatif. Un développement équilibré