irlandais jusqu’à ce qu’il ferme un site de propagande des indépendantistes du Timor Oriental.
Dans la confrontation de l’arbre et du rhizome il arrive
que les aspects économiques et politiques se recoupent. Le 24 janvier 2000, une
unité anti-fraude de la police norvégienne fait irruption de grand matin dans
la maison de la famille Johansen, à Larvik, paisible cité portuaire au bord du
détroit de Skagerrak. Jon Johansen, ses ordinateurs, son téléphone portable
et son père sont emmenés au poste. Jon Johansen a 15 ans. Son crime ?
Avoir publié trois mois plus tôt sur l’Internet un programme qui décode les
films DVD et les rend compatibles avec le système d’exploitation Linux.
La
police norvégienne agit à la suite d’une plainte déposée en Californie.
L’interpellation des Johansen survient au coeur d’une haletante partie de
cache-cache entre l’association américaine des producteurs de films et une
coalition d’activistes unis par le réseau. « S’il faut faire mille
procès par jour, nous les ferons ! » assure Jack Valenti, le patron
du puissant lobby du cinéma américain.
Les avocats d’Hollywood font fermer
un à un les sites qui abritent une copie du programme contesté, mais les libérateurs
du DVD en ouvrent sans cesse de nouveaux…
L’enjeu de cette course-poursuite est le contrôle de la distribution des films au vingt-et-unième siècle. Mieux : puisque le DVD est appelé à remplacer non seulement le VHS, mais aussi le CD-ROM et le CD audio, c’est tout l’avenir du multimedia qui est au centre de l’affrontement entre Hollywood et les Vikings. Echaudée par le piratage des disques compacts, l’industrie de l’audiovisuel pensait avoir trouvé dans le DVD l’arme absolue garantissant une maîtrise sans faille du marché : un codage informatique sophistiqué empêche notamment les copies illicites. Johansen et ses amis hackers ont cassé ce code - non pas, expliquent-ils, pour encourager la piraterie, mais pour permettre aux adeptes de Linux d’utiliser le nouveau support, réservé par ses créateurs à l’univers de Microsoft. Deux visions