années 20, sur le danger des écoutes téléphoniques systématiques, justifiées à l’époque par la prohibition. David Brin renonce à ce combat, persuadé que plus rien n’arrêtera Big Brother, et qu’il vaut mieux s’efforcer de tirer le meilleur parti possible d’une société définitivement transparente.

Qu’on partage ou pas son défaitisme, un point de son raisonnement est susceptible de faire l’unanimité des démocrates. Le premier problème posé par la transparence est l’absence de transparence sur la transparence. Qui sait quoi sur qui, et où va cette information ? Mon patron est-il en train d’observer les mots que je tape sur ce clavier ? Suis-je fiché à la NSA pour avoir échangé quelques courriers électroniques avec des anarchistes notoires ? L’ordinateur de mon supermarché a-t-il repéré une configuration prévisible dans mes achats de champagne et de préservatifs ? La société de l’information souffre d’un déficit chronique en méta-information. De la même façon qu’il est vain et inhumain de chercher à supprimer le mensonge, il serait en revanche libérant de s’attaquer au mensonge sur le mensonge.